dimanche, 11 mai 2008
Il y a de grands hommes d'Etat et il y a Nicolas Sarkozy
Jeudi dernier, Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à flinguer ses prédecesseurs et les média pour ne pas parler de son bilan plus que mitigé, un an après son accession aux plus hautes responsabilités.
Ainsi, Sarkozy dégaina en clamant qu'il avait été élu dès le premier coup, contrairement à Chirac qui a attendu plus de 20 ans pour être élu, de plus pour ne rien faire. S'en suivirent des attaques personnelles à l'encontre de De Gaulle ou Mitterrand.
Ce discours est très symptomatique de la façon dont Sarkozy aborde ce quinquennat. " Toute l'histoire commence avec moi, et ce qui a pu être fait avant est forcément mauvais ", ainsi pourrait être résumé sa doctrine.

Je pense au contraire que Sarkozy ne devrait pas oublier qu'il y a eu une Histoire avant lui, avec de grands hommes d'Etats, qui ont su par exemple prôner la spécificité française à travers le monde. Des personnalités comme Mitterrand ou Chirac ont su entretenir de bonnes relations avec les Etats-Unis, tout en gardant une certaine liberté de ton envers leur plus fidèle allié. Sarkozy a complètement liquidé cet héritage en s'affichant peu de temps après son élection auprès de Bush et en voulant intégrer le commandement renforcé de l'OTAN.
La diplomatie française a perdu de son envergure, avec une secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme qui n'a pas de pouvoir et de potentiel d'action, comme on l'a vu sur de nombreux sujets , de kadhafi aux JO de Pékin en passant par les DDH en Tunisie; d'un ministre des affaires étrangères qui a du mal à trouver sa place et un président adepte de la Realpolitik.
Les mauvais sondages relatifs au bilan du président de la République ont trait à des critères aussi divers que la place de la France dans le monde, les promesses non tenues, mais également le style du président.
Quant au style, nous avons un président qui se substitue de plus en plus aux recteurs d'académie et revisite à sa guise les programmes des élèves d'écoles primaires, contraints de lire la lettre de Guy Môquet sans avoir étudié avant le contexte de cette lettre, ou plus récemment de s'émouvoir sur l'esclavage.
La conjugaison est dénigré au profit d'une éducation de plus en plus humaniste.
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