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mercredi, 20 février 2008

De la poudre aux yeux

"La réalité n’a aucune importance. Il n’y a que la perception qui compte ». C'est par cette phrase, extraite du livre de Yasmina Reza et prononcée par L.Solly, le directeur de cabinet de N.Sarkozy durant la campagne présidentielle, que je voulais commencer ce premier article de l'année.
En effet, en ce début d'année 2008, tout me fait penser que le président de la République est plus dans le jeu de la séduction de l'opinion que dans l'action concrète.

Il est présent sur tous les fronts, s'occupe de tous les dossiers, au grand dam de ses ministres qui ne peuvent qu'improviser par la suite, comme par exemple lors de la décision de la suppression de la publicité sur le service public, Madame Albanel avouant n'avoir pas été concertée auparavant.
A force de multiplier les effets d'annonce, promettre tout et son contraire, le président de la République a connu une forte baisse de sa côte de popularité, les français regrettant presque l'exercice conventionnelle du pouvoir de Chirac.

Comment ne peut-on pas être déçu par un président qui, après nous avoir promis de faire du pouvoir d'achat un des thèmes centraux de son quinquennat annoncer que les caisses sont vides et que l'on ne peut plus rien faire ?

Comment ne peut-on pas être déçu par un président qui, quelques jours après sa victoire, veut " marquer une pause " dans la réduction des déficits ?

Comment ne peut-on pas être déçu par un président qui introduit le fait religieux dans ses discours, prônant les bienfaits de la croyance sur les citoyens ?

La liste est exhaustive. Même s'il y a eu des avancées, comme la réforme des régimes spéciaux ou le traité européen, les français doutent de plus en plus quant à la possibilité du président de changer leur quotidien.

Ce ressenti est perceptible dans tout le pays et prendra peut-être la forme d'un vote sanction pour les prochaines élections municipales. Preuve en est le choix de certains élus investis par l'UMP de ne pas faire apparaître le logo de l'UMP sur les tracts et les affiches. Autant était-il tendance, après l'élection de Nicolas Sarkozy, d'apparaître estampillé UMP pour les législatives, autant essaie t-on aujourd'hui de défendre un programme local plus qu'une étiquette. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette évolution, et de l'émergence de listes bigarrées , rassemblant des hommes et des femmes venus d'horizons différents mais ayant à cœur de se dévouer à leur ville.

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