samedi, 28 avril 2007
La révolution centriste
Dimanche soir, 21 h, le président de l'UDF se tient debout derrière son pupitre, le sourire radieux, comme un ultime pied de nez à tous ses détracteurs qui lui prédisaient une lourde claque, les derniers sondages relayant la nouvelle: Bayrou serait derrière Le Pen !
Il y a des défaites qui sonnent comme des victoires devait penser le leader centriste, autour duquel s'aglutinait une foule de journalistes, préssée d'écouter cet homme qui a réuni autour de son projet et de sa conception nouvelle de la politique plus de 18,5 % des électeurs, triplant ainsi son résultat de 2002.
Bien sûr que ce score ne permet pas à l'UDF d'accéder au second tour, les deux grands partis s'étant arrangés pour maintenir leurs privilèges, allant jusqu'à en implorer le "vote utile", comme si ce dernier se résumait à voter pour retrouver les mêmes politiques qui se sont succédées tout au long de la cinquième République et qui ont mené la France là où l'on sait (dette, chômage, crise de confiance ...)
Cette frilosité, ce manque d'audace de l'électorat, restera en moi comme un gout d'inachevé .
"J’ai une bonne nouvelle pour vous. A partir de ce soir, la politique française a changé et elle ne sera plus jamais comme avant."
Ce dont on peut cependant se réjouir, c'est l'émergence d'un nouveau parti dans la vie politique, qui était sérieusement ankylosée par ce système bipartite. En effet , les premières mesures d'un gouvernement arrivant au pouvoir étant de démolir ce que le prédécesseur avait fait auparavant, sous prétexte qu'il n'appartenait pas au même " clan " que lui.
L'UDF ne sera dorénavant plus le strapontin de l'UMP, ni d'un autre clan, mais un parti à part entière, qui pèsera de par sa conception humaniste sur la vie politique française.
Ce parti, qui se transformera en Parti Démocrate, ne cédera à aucun chantage, on ne l'achétera pas par des députés ou des ministres, mais participera activement à la rénovation de la France.
" Nous allons avoir des amis. Les mêmes qui nous ont humiliés , crachés dessus "
Entre 19h58 et 20h02 , l'UDF est devenu subitement pour les deux finalistes une source d'attrait, chacun en allant de sa bonne phrase. Quel ridicule par exemple de voir le soir même sur les plateaux de télévision les deux formations politiques encore en course, en l'occurence le PS et l'UMP , se revendiquer des idées du centre, ceux là même qui prétendaient quelques jours auparavant que le centre n'avait aucune idée, qu'il n'avait aucun programme . "L'UDF est de droite ! " proclamait françois Hollande , ce dernier qui, le ridicule ne tuant pas , affirme devant PPDA au JT de TF1 une semaine plus tard que le programme centriste se rapproche sur de nombreux points du pacte présidentiel de Ségolène Royal.
Quant à l'UMP, il revendique des arguments d'un autre âge, exerçant de vils chantages et pressions, sous la bannière d'élus de l'UMP se revendiquant de l'UDF et bien plus carrieristes qu'idéalistes.
Finalement, ce dont on est certain dorénavant, c'est que ni le PS ni l'UMP ne pourront gagner sans ouvrir le dialogue avec ces quelques 6.5 millions d'électeurs qui ont choisi de sortir de ce système à deux têtes .
Force est de constater que Ségolène Royal, de par le fait qu'elle accepte de débattre en toute transparence et sur des sujets de société de fond avec le leader centriste, marque des points vers une hypothétique victoire.
Pour une fois, la finale se jouera au centre !
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