mercredi, 14 octobre 2009
L’engagement politique, à quoi bon ?
Me revoici sur la toile après une (trop) longue absence pour exprimer le dégoût que m’inspire le résultat de David Douillet lors des élections législatives partielles dans les Yvelines. Ceci peut vous paraître un épiphénomène, mais dans le contexte actuel, cela m’inspire une réflexion plus profonde :
Comment pouvons-nous redonner ses lettres de noblesse à la politique, qui doit selon moi demeurer une entreprise désintéressée ?
A côté des gens qui défendent des idées, se battent pour des convictions qui les dépassent, témoignent en se présentant dans leur ville, dans leur canton, dans leur région, de leur volonté de se mettre au service des citoyens, se trouvent des parachutés, des têtes d’affiches, des copains et des coquins.
On ne se présente pas à une élection lorsque l’on «pense avoir les compétences » comme l’exprimait David Douillet il y a quelques jours, mais lorsque l’on a pris la mesure de la fonction pour laquelle on prétend et lorsque l’on est arrivé, après plusieurs mois, plusieurs années, à être certain d’avoir l’étoffe d’un élu au service de ses citoyens.
Etre politique, c’est prendre conscience que l’engagement que l’on prend n’engage pas que soi, que l’on est redevable envers les français de son action.
Une autre affaire, plus médiatique puisqu’elle devient internationale à en croire la une des journaux étrangers, est la nomination de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD. Ses défenseurs rétorquent que ce jeune garçon est légitime dès lors qu’il se soumet à une élection. Mais la question est ailleurs, et se concentre très certainement sur l’âge. A 23 ans, sans diplôme et sans bagage professionnel, se sent-on légitime et digne d’une telle fonction. Plus largement, qui peut croire qu’à 23 ans, un jeune homme soit armé et assez mûr pour de si hautes responsabilités ?
La méritocratie, bien plus qu’un mot à la mode, doit devenir une véritable exigence démocratique. Sans cela, le discrédit porté à la politique deviendra de plus en plus lourd et l’abstention un lieu commun.

13:58 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 11 mai 2008
Il y a de grands hommes d'Etat et il y a Nicolas Sarkozy
Jeudi dernier, Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à flinguer ses prédecesseurs et les média pour ne pas parler de son bilan plus que mitigé, un an après son accession aux plus hautes responsabilités.
Ainsi, Sarkozy dégaina en clamant qu'il avait été élu dès le premier coup, contrairement à Chirac qui a attendu plus de 20 ans pour être élu, de plus pour ne rien faire. S'en suivirent des attaques personnelles à l'encontre de De Gaulle ou Mitterrand.
Ce discours est très symptomatique de la façon dont Sarkozy aborde ce quinquennat. " Toute l'histoire commence avec moi, et ce qui a pu être fait avant est forcément mauvais ", ainsi pourrait être résumé sa doctrine.

Je pense au contraire que Sarkozy ne devrait pas oublier qu'il y a eu une Histoire avant lui, avec de grands hommes d'Etats, qui ont su par exemple prôner la spécificité française à travers le monde. Des personnalités comme Mitterrand ou Chirac ont su entretenir de bonnes relations avec les Etats-Unis, tout en gardant une certaine liberté de ton envers leur plus fidèle allié. Sarkozy a complètement liquidé cet héritage en s'affichant peu de temps après son élection auprès de Bush et en voulant intégrer le commandement renforcé de l'OTAN.
La diplomatie française a perdu de son envergure, avec une secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme qui n'a pas de pouvoir et de potentiel d'action, comme on l'a vu sur de nombreux sujets , de kadhafi aux JO de Pékin en passant par les DDH en Tunisie; d'un ministre des affaires étrangères qui a du mal à trouver sa place et un président adepte de la Realpolitik.
Les mauvais sondages relatifs au bilan du président de la République ont trait à des critères aussi divers que la place de la France dans le monde, les promesses non tenues, mais également le style du président.
Quant au style, nous avons un président qui se substitue de plus en plus aux recteurs d'académie et revisite à sa guise les programmes des élèves d'écoles primaires, contraints de lire la lettre de Guy Môquet sans avoir étudié avant le contexte de cette lettre, ou plus récemment de s'émouvoir sur l'esclavage.
La conjugaison est dénigré au profit d'une éducation de plus en plus humaniste.
17:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 13 avril 2008
Auto-critique
Bien qu’étant, comme vous avez pu le découvrir dans les précédents post, membre du mouvement démocrate, je n’en demeure cependant pas un béni-oui-oui. Mes convictions se sont rapprochées depuis de nombreuses années à l’UDF, devenu UDF-Mouvement Démocrate, je ne me suis jamais cherché un parti politique. J’ai trouvé dans le centre les valeurs humanistes qui me correspondent et qui sont aujourd’hui la cause de mon militantisme.
Vous l’avez compris, ce post est particulier car il a pour but de dresser mon bilan personnel du parti afin qu’il devienne encore plus fort en apprenant de ses faiblesses.
Pour commencer, je pense que la stratégie d’indépendance prônée par F.Bayrou est la bonne. Ne rien céder, ne pas dilapider le capital confiance que ces quelques 7 millions de français à la présidentielle lui ont confié paraît essentiel pour moi. Il faut donc résister aux appels du pied du Nouveau Centre, qui n’a aucune marge de manœuvre par rapport à la majorité présidentielle. Cette démarche d'indépendance fait aujourd'hui de françois Bayrou l'opposant le plus crédible à la politique de Nicolas Sarkozy, derrière Ségolène Royal. Il ne faudrait cependant pas tomber dans le syndrome du PS, qui est davantage entendu pour ses critiques que pour ses propositions. Le mouvement démocrate a désormais 4 ans pour mettre sur papier ses idées et établir un projet cohérent susceptible d'être entendu par le plus grand nombre , ce qui pourrait permettre à françois Bayrou de devenir président. En outre, je ne comprends pas la critique qui est faite à François Bayrou de vouloir devenir président de la République, et je ne me souviens pas qu'il y ait eu un tel acharnement envers Ségolène Royal ou
Nicolas Sarkozy concernant leur ambition.
Ensuite, suite aux nombreuses défections, le mouvement démocrate se doit de former de nouveaux cadres et porte-paroles afin de pallier ce manque de visibilité politique et médiatique. Je suis d'ailleurs contre l'hyper-personnalisation du mouvement démocrate autour de François Bayrou, évoqué par ses détracteurs.
A un niveau plus local, les militants doivent se réunir régulièrement afin de débattre sur les enjeux locaux et diffuser leurs idées par voie de presse pour que les habitants puissent en apprécier les prises de position.
Je crois profondément en la pertinence des idées qui émergent de ce mouvement et je déplore des fois le fait que l'on ne soit pas entendu comme on le devrait.
18:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, autocritique, politique
lundi, 17 mars 2008
Défaite à gauche, défaite à droite
Qu'elle était burlesque cette soirée des municipales !
Il était difficile de ne pas finir la soirée décontenancé face à la stérilité et la bassesse de certains débats .
Tandis que la gauche se réjouissait de cette victoire qu'elle doit en partie à la droite, l'arrogante UMP ne voulait entendre aucune critique.
Il est en effet difficile d'affirmer que ce scrutin n'avait de valeur que locale. La large victoire de la gauche est en fait synonyme d'un profond malaise, que les diffèrents partis politiques feignent de ne pas entendre, mais qui est à l'origine de la versatilité des Français.
Si aujourd'hui, malgrè la défaite de François Bayrou à Pau, nous pouvons croire en l'émergence d'une force centrale, c'est que les Français n'ont confiance ni en la gauche, ni en la droite pour résoudre leurs inquiétudes, en témoigne la large victoire du PS aux municipales , 10 mois après l'écrasante victoire de Sarkozy à la présidentielle.
Le mouvement démocrate est aujourd'hui le seul parti qui propose une direction politique stable face à ce mouvement de balancier qui ne fait pas avancer les choses.
On a beaucoup reproché à François Bayrou de ne pas avoir de stratégie claire pour le second tour des municipales, se tournant tantôt vers la gauche comme à Marseille, tantôt à droite comme à Toulouse.
Mais là est bien le sens du mouvement démocrate de n'être rattaché à aucun parti en particulier, libre de juger au cas par cas le bilan des diffèrents candidats. On tend à dénigrer François Bayrou, le qualifiant d'opportuniste, mais il est à l'origine d'un important mouvement d'espoir pour la France, ce qui mérite le respect.
18:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : municipales, modem, udf, bayrou
mercredi, 20 février 2008
De la poudre aux yeux
"La réalité n’a aucune importance. Il n’y a que la perception qui compte ». C'est par cette phrase, extraite du livre de Yasmina Reza et prononcée par L.Solly, le directeur de cabinet de N.Sarkozy durant la campagne présidentielle, que je voulais commencer ce premier article de l'année.
En effet, en ce début d'année 2008, tout me fait penser que le président de la République est plus dans le jeu de la séduction de l'opinion que dans l'action concrète.
Il est présent sur tous les fronts, s'occupe de tous les dossiers, au grand dam de ses ministres qui ne peuvent qu'improviser par la suite, comme par exemple lors de la décision de la suppression de la publicité sur le service public, Madame Albanel avouant n'avoir pas été concertée auparavant.
A force de multiplier les effets d'annonce, promettre tout et son contraire, le président de la République a connu une forte baisse de sa côte de popularité, les français regrettant presque l'exercice conventionnelle du pouvoir de Chirac.
Comment ne peut-on pas être déçu par un président qui, après nous avoir promis de faire du pouvoir d'achat un des thèmes centraux de son quinquennat annoncer que les caisses sont vides et que l'on ne peut plus rien faire ?
Comment ne peut-on pas être déçu par un président qui, quelques jours après sa victoire, veut " marquer une pause " dans la réduction des déficits ?
Comment ne peut-on pas être déçu par un président qui introduit le fait religieux dans ses discours, prônant les bienfaits de la croyance sur les citoyens ?
La liste est exhaustive. Même s'il y a eu des avancées, comme la réforme des régimes spéciaux ou le traité européen, les français doutent de plus en plus quant à la possibilité du président de changer leur quotidien.
Ce ressenti est perceptible dans tout le pays et prendra peut-être la forme d'un vote sanction pour les prochaines élections municipales. Preuve en est le choix de certains élus investis par l'UMP de ne pas faire apparaître le logo de l'UMP sur les tracts et les affiches. Autant était-il tendance, après l'élection de Nicolas Sarkozy, d'apparaître estampillé UMP pour les législatives, autant essaie t-on aujourd'hui de défendre un programme local plus qu'une étiquette. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette évolution, et de l'émergence de listes bigarrées , rassemblant des hommes et des femmes venus d'horizons différents mais ayant à cœur de se dévouer à leur ville.

16:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








