vendredi, 11 décembre 2009

Débat sur l'identité nationale

 

Eric Besson a décidé de lancer un grand débat national pour définir la notion d’identité française. On peut tout d’abord s’étonner que, à l’heure où l’on essaie de construire une Europe forte, surgisse un soudain questionnement national. Pourquoi n’avoir pas plutôt développé le thème de l’identité européenne, qui aurait été d’autant plus intéressante qu’elle répondait à une véritable problématique : «  En près de 60 ans de construction européenne, qu’a-t-on fait pour donner envie aux européens de se définir comme tels ? ». eric-besson.jpg

Remarque étant faite, je ne nie cependant pas qu’il y ait une part de la population qui ne se reconnaît pas dans la France, et il m’arrive comme tout le monde d’en faire l’expérience. Lorsque je me retrouve en présence d’enfants qui se traitent de « sales français », je ne me contente pas de m’insurger et d’en tirer des conclusions simplistes du genre « ce ne sont pas de bons français », je cherche au contraire à comprendre les raisons du rejet d’un pays dans lequel ils ont fait le choix de vivre. Ce désamour, nous en avons au fond une part de responsabilités. Pour des raisons essentiellement économiques, nous avons accueilli une population que nous avons délibérément « ghettoïsée » dans des banlieues, délaissées en termes de financement. Je comprends bien la volonté du gouvernement de faire des symptômes des problèmes, mais tant que l’on ne s’attaquera pas au problème nous ne règlerons pas les symptômes… et le piège de l’immigration se referme sur moi. Je ne veux pas faire vous l’avez compris de l’immigration la principale menace de l’identité française puisque je demeure convaincu qu’elle constitue au contraire le principal apport. La France est riche de sa diversité, et l’identité française consiste à combiner la diversité de ces sujets à l’unité dans les valeurs de la République. Nous sommes musulmans, chrétiens, bouddhistes, athées, mais la laïcité constitue notre terreau commun. Nous sommes nés en Algérie, au Maroc, en France, mais nous respectons le drapeau français et son hymne. Nous sommes blacks, blanc, beurs, petits ou gros, mais nous disposons des mêmes chances pour l’accès à un emploi.

Bref, nos différences ne doivent pas servir à nous monter les uns contre les autres, mais à enrichir notre patrimoine commun. Ce débat sur l’identité française prend une tournure que je ne cautionne pas, puisqu’il consiste à stigmatiser une catégorie de la population, les « 10 millions que l’on paye à rien foutre » pour reprendre les propos du maire UMP de Gussainville. Au fond, ce débat aura, outre l’impact électoraliste, davantage alimenter une discussion purement théorique sans véritablement proposer de véritables mesures d’intégration.

 

mercredi, 14 octobre 2009

L’engagement politique, à quoi bon ?

 

douillet_gal_l_05.jpgMe revoici sur la toile après une (trop) longue absence pour exprimer le dégoût que m’inspire le résultat de David Douillet lors des élections législatives partielles dans les Yvelines. Ceci peut vous paraître un épiphénomène, mais dans le contexte actuel, cela m’inspire une réflexion plus profonde :

Comment pouvons-nous redonner ses lettres de noblesse à la politique, qui doit selon moi demeurer une entreprise désintéressée ?

A côté des gens qui défendent des idées, se battent pour des convictions qui les dépassent, témoignent en se présentant dans leur ville, dans leur canton, dans leur région, de leur volonté de se mettre au service des citoyens, se trouvent des parachutés, des têtes d’affiches, des copains et des coquins.

On ne se présente pas à une élection lorsque l’on «pense avoir les compétences » comme l’exprimait David Douillet il y a quelques jours, mais lorsque l’on a pris la mesure de la fonction pour laquelle on prétend et lorsque l’on est arrivé, après plusieurs mois, plusieurs années, à être certain d’avoir l’étoffe d’un élu au service de ses citoyens.

Etre politique, c’est prendre conscience que l’engagement que l’on prend n’engage pas que soi, que l’on est redevable envers les français de son action.

Une autre affaire, plus médiatique puisqu’elle devient internationale à en croire la une des journaux étrangers, est la nomination de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD. Ses défenseurs rétorquent que ce jeune garçon est légitime dès lors qu’il se soumet à une élection. Mais la question est ailleurs, et se concentre très certainement sur l’âge. A 23 ans, sans diplôme et sans bagage professionnel, se sent-on légitime et digne d’une telle fonction. Plus largement, qui peut croire qu’à 23 ans, un jeune homme soit armé et assez mûr pour de si hautes responsabilités ?

La méritocratie, bien plus qu’un mot à la mode, doit devenir une véritable exigence démocratique. Sans cela, le discrédit porté à la politique deviendra de plus en plus lourd et l’abstention un lieu commun.

 

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dimanche, 11 mai 2008

Il y a de grands hommes d'Etat et il y a Nicolas Sarkozy

Jeudi dernier, Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à flinguer ses prédecesseurs et les média pour ne pas parler de son bilan plus que mitigé, un an après son accession aux plus hautes responsabilités.
Ainsi, Sarkozy dégaina en clamant qu'il avait été élu dès le premier coup, contrairement à Chirac qui a attendu plus de 20 ans pour être élu, de plus pour ne rien faire. S'en suivirent des attaques personnelles à l'encontre de De Gaulle ou Mitterrand.
Ce discours est très symptomatique de la façon dont Sarkozy aborde ce quinquennat. " Toute l'histoire commence avec moi, et ce qui a pu être fait avant est forcément mauvais ", ainsi pourrait être résumé sa doctrine.

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Je pense au contraire que Sarkozy ne devrait pas oublier qu'il y a eu une Histoire avant lui, avec de grands hommes d'Etats, qui ont su par exemple prôner la spécificité française à travers le monde. Des personnalités comme Mitterrand ou Chirac ont su entretenir de bonnes relations avec les Etats-Unis, tout en gardant une certaine liberté de ton envers leur plus fidèle allié. Sarkozy a complètement liquidé cet héritage en s'affichant peu de temps après son élection auprès de Bush et en voulant intégrer le commandement renforcé de l'OTAN.
La diplomatie française a perdu de son envergure, avec une secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme qui n'a pas de pouvoir et de potentiel d'action, comme on l'a vu sur de nombreux sujets , de kadhafi aux JO de Pékin en passant par les DDH en Tunisie; d'un ministre des affaires étrangères qui a du mal à trouver sa place et un président adepte de la Realpolitik.

Les mauvais sondages relatifs au bilan du président de la République ont trait à des critères aussi divers que la place de la France dans le monde, les promesses non tenues, mais également le style du président.
Quant au style, nous avons un président qui se substitue de plus en plus aux recteurs d'académie et revisite à sa guise les programmes des élèves d'écoles primaires, contraints de lire la lettre de Guy Môquet sans avoir étudié avant le contexte de cette lettre, ou plus récemment de s'émouvoir sur l'esclavage.
La conjugaison est dénigré au profit d'une éducation de plus en plus humaniste.

dimanche, 13 avril 2008

Auto-critique

Bien qu’étant, comme vous avez pu le découvrir dans les précédents post, membre du mouvement démocrate, je n’en demeure cependant pas un béni-oui-oui. Mes convictions se sont rapprochées depuis de nombreuses années à l’UDF, devenu UDF-Mouvement Démocrate, je ne me suis jamais cherché un parti politique. J’ai trouvé dans le centre les valeurs humanistes qui me correspondent et qui sont aujourd’hui la cause de mon militantisme.

Vous l’avez compris, ce post est particulier car il a pour but de dresser mon bilan personnel du parti afin qu’il devienne encore plus fort en apprenant de ses faiblesses.

Pour commencer, je pense que la stratégie d’indépendance prônée par F.Bayrou est la bonne. Ne rien céder, ne pas dilapider le capital confiance que ces quelques 7 millions de français à la présidentielle lui ont confié paraît essentiel pour moi. Il faut donc résister aux appels du pied du Nouveau Centre, qui n’a aucune marge de manœuvre par rapport à la majorité présidentielle. Cette démarche d'indépendance fait aujourd'hui de françois Bayrou l'opposant le plus crédible à la politique de Nicolas Sarkozy, derrière Ségolène Royal. Il ne faudrait cependant pas tomber dans le syndrome du PS, qui est davantage entendu pour ses critiques que pour ses propositions. Le mouvement démocrate a désormais 4 ans pour mettre sur papier ses idées et établir un projet cohérent susceptible d'être entendu par le plus grand nombre , ce qui pourrait permettre à françois Bayrou de devenir président. En outre, je ne comprends pas la critique qui est faite à François Bayrou de vouloir devenir président de la République, et je ne me souviens pas qu'il y ait eu un tel acharnement envers Ségolène Royal ou
Nicolas Sarkozy concernant leur ambition.

Ensuite, suite aux nombreuses défections, le mouvement démocrate se doit de former de nouveaux cadres et porte-paroles afin de pallier ce manque de visibilité politique et médiatique. Je suis d'ailleurs contre l'hyper-personnalisation du mouvement démocrate autour de François Bayrou, évoqué par ses détracteurs.
A un niveau plus local, les militants doivent se réunir régulièrement afin de débattre sur les enjeux locaux et diffuser leurs idées par voie de presse pour que les habitants puissent en apprécier les prises de position.
Je crois profondément en la pertinence des idées qui émergent de ce mouvement et je déplore des fois le fait que l'on ne soit pas entendu comme on le devrait.

lundi, 17 mars 2008

Défaite à gauche, défaite à droite

Qu'elle était burlesque cette soirée des municipales !
Il était difficile de ne pas finir la soirée décontenancé face à la stérilité et la bassesse de certains débats .
Tandis que la gauche se réjouissait de cette victoire qu'elle doit en partie à la droite, l'arrogante UMP ne voulait entendre aucune critique.
Il est en effet difficile d'affirmer que ce scrutin n'avait de valeur que locale. La large victoire de la gauche est en fait synonyme d'un profond malaise, que les diffèrents partis politiques feignent de ne pas entendre, mais qui est à l'origine de la versatilité des Français.
Si aujourd'hui, malgrè la défaite de François Bayrou à Pau, nous pouvons croire en l'émergence d'une force centrale, c'est que les Français n'ont confiance ni en la gauche, ni en la droite pour résoudre leurs inquiétudes, en témoigne la large victoire du PS aux municipales , 10 mois après l'écrasante victoire de Sarkozy à la présidentielle.
Le mouvement démocrate est aujourd'hui le seul parti qui propose une direction politique stable face à ce mouvement de balancier qui ne fait pas avancer les choses.

On a beaucoup reproché à François Bayrou de ne pas avoir de stratégie claire pour le second tour des municipales, se tournant tantôt vers la gauche comme à Marseille, tantôt à droite comme à Toulouse.
Mais là est bien le sens du mouvement démocrate de n'être rattaché à aucun parti en particulier, libre de juger au cas par cas le bilan des diffèrents candidats. On tend à dénigrer François Bayrou, le qualifiant d'opportuniste, mais il est à l'origine d'un important mouvement d'espoir pour la France, ce qui mérite le respect.